Neeya frappe à la porte quelques minutes plus tard. Je marche difficilement jusqu'à l'entrée et lui ouvre. Elle se précipite dans mon appartement, et allume toutes les lumières. Mes yeux souffrent de cet éclairage soudain. Elle enlève précipitamment son manteau et le jette sur le canapé. Puis elle s'approche de moi, me prend délicatement par le bras, plaçant son autre main dans mon dos, pour me faire asseoir sur le divan. Elle me parle doucement, mais je suis tellement concentré sur ma respiration que je n'écoute rien de ce qu'elle dit.
Je commence à mieux respirer, ça présence m'apaise, et je parviens enfin à écouter ce qu'elle me dit.
« Pourquoi tu n'as pas accepter que je m'installe chez toi Bill... »
« Je ne veux pas t'embêter Nee... » * tousse *
« Mais regarde toi Bill... Tu es incapable de rester tout seul ces temps-ci... Je suis ta meilleure amie, accepte mon aide putain... »
Elle a dit ça d'un ton suppliant, inquiet, au bord des larmes. Elle a raison, je suis incapable de faire quoi que ce soit sans l'aide de quelqu'un.
« Désolé Neeya... » * fond en larmes*
Mon amie me prend dans ses bras et me berce doucement. Je me sens minable par moment, la maladie m'accable alors que je devrais me battre jour après jour dans l'espoir de la vaincre. Mais depuis que j'ai appris la propagation de la maladie, toutes formes d'espoir a disparu...
« Ne t'excuse pas Bill... Je te comprends... Mon dieu comme je te comprends ! Ne pleure pas petit ange...Je suis là... »
[...]
Le lendemain matin, je me réveille au milieu de mes draps immaculés. Je regarde autours de moi. Ma chambre est si sombre... Plongée dans le noir, sans aucun air qui passe.
Je me redresse et m'assieds au milieu des draps, mes yeux fixant un point dans l'obscurité. La seule présence de lumière vient des minces rayons de soleil qui tentent de se frayer un chemin entre les volets.
Un peu de lumière... Il me faut un peu de lumière.
Je me lève et ouvre la fenêtre, puis les volets.
L'air frais et matinal me lèche le visage et s'infiltre dans ma chambre. Il fait beau...
Je pose mon menton dans le creux de mes mains et observe la ville qui s'étend sous mes pieds. En bas, ça grouille de gens qui se pressent pour aller au travail, de voitures qui klaxonnent, d'enfant qui crient.
Depuis quand ne suis-je pas sorti ?
Je sors de ma chambre, laissant la fenêtre grande ouvert derrière, et vais à la cuisine, que j'ouvre également. Je fais couler du café, griller du pain, et prépare la table pour le petit déjeuner solitaire que je vais entamer.
Neeya est rentrée chez elle ce matin vers 5h, me promettant de revenir en fin de matinée.
Il est 11h, elle ne va pas tarder...
En l'attendant, je décide de prendre une douche.
L'eau chaude coulant sur mon corps frêle me fait frissonner.
Je me lave la tête et le corps, me rince, me sèche, et remet mon habit quotidien, à savoir un large t-shirt et un boxer.
Je retourne ensuite à la cuisine, où le café a fini de chauffer. Je m'en sers un bol et y trempe quelque tartines de pain grillé/beurre/confiture d'abricots. Puis je bois un verre de jus d'orange, et une fois tout cela terminé, je mets la vaisselle dans l'évier.
Quelques coups se font entendre à la porte. Je vais ouvrir. C'est elle, bien entendu. Elle me colle un gros bisous à la joue et entre sans même que je l'y invite. Question d'habitude.
« Aujourd'hui, je te sors ! » dit-elle avec un énorme sourire.
« De 1 : sachez, gente demoiselle, que je ne suis point votre chien. Donc on ne « me » sort pas... De 2 : Je n'ai pas envie de sortir... »
« Tu as raison, tu n'es pas mon chien. Cependant, je t'y oblige : Tu dois sortir, ne pas rester enfermé à te morfondre, et profiter de la vie. »
« Tu veux dire... Du peu de vie qu'il me reste... »
« Bill... Je te comprends, crois-moi. Mais je ne peux plus te voir comme ça, enfermé chez toi, à broyer du noir. Bill, est-ce que tu peux comprendre que je t'aime trop pour te laisser périr ? »
Je ne réponds rien.
« Allez ! Monte te changer, je t'attends... »
Son sourire et ses yeux implorants me font craquer. Je monte donc me changer.
Ça fait un moment que je ne suis pas sorti, et j'avoue avoir perdu l'habitude de me préparer. Je prends cependant un t-shirt et un jean, une veste et des chaussures, m'habille, et trouve le courage de me maquiller. Noir charbon autour des yeux, un peu de fond teint afin de raviver ce dernier, et du gloss. Mes cheveux sont déjà lissés, vu que c'est l'un des seuls passe-temps que je possède. Je m'accorde une petite fantaisie et mets quelques bagues à mes doigts, et une chaîne autours de mon cou.
Un coup d'½il dans le miroir. Je me fige. Ça change de me voir comme ça, cela faisait si longtemps...
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Chapitre 1 cl0s
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